mercredi 20 novembre 2024

Contrôle technique : quelles perspectives en 2024 ?

Tous les 2RM et 3 RM seront concernés. « Cloné » sur le CT auto, le contrôle technique démarrera le 15 avril 2024. A partir de cette date, les motards devront passer leur engin au CT, notamment dans le cadre d’une vente. Seules les motos de tout terrain de compétition (et propriétaires licenciés FFM) seront exemptées ainsi que les motos de collection dont la date de mise en circulation est antérieure au 1er janvier 1960. Le premier passage se fera au bout de cinq ans, puis tous les trois ans. Pour les motos de collection postérieures au 1er janvier 1960 ce sera tous les cinq ans au lieu de trois. Il sera obligatoire à la revente des véhicules et à charge du vendeur. Il y aura des évolutions : du simple contrôle visuel au passage au banc avec plus de points de contrôle au fil du temps, comme pour les automobiles.

Quels sont les points « critiques » des textes d’application ?

Le calendrier. Les premiers propriétaires d’un 2RM ou 3RM à devoir passer le contrôle technique seront les possesseurs d’un véhicule immatriculé avant le 1er janvier 2017, date de la première mise en circulation inscrite sur le certificat d’immatriculation. Ce contrôle technique devra être fait avant le 31 décembre 2024. Nous imaginons que les premiers mois de mise en exploitation du contrôle technique moto seront chaotiques… liste des centres agréées, personnels en formation, ça ne va pas être simple… À noter que pour les véhicules immatriculés avant le 1er janvier 2017 et dont la date d’anniversaire de la première mise en circulation est antérieure au 15 avril, ce contrôle est à réaliser dans un délai de quatre mois à compter du 15 avril 2024, soit au maximum pour le 15 août 2024. Enfin, le mois d’avril correspond à la « saison haute » des centres de contrôle qui ont déjà du mal à répondre à l’afflux habituel de leur clientèle pour l’automobile !

Le maillage des centres de contrôle technique. Les centres « autos » qui seront volontaires pour être agréés « moto » devront s’équiper en matériels et fournir une main d’œuvre qualifiée et formée. Très faible au départ, l’investissement à terme (immobilier, banc, matériel divers etc.) est estimé à 40.000 euros par centre agréé pour une rentabilité aléatoire qui rebute certains franchisés et dissuade les indépendants. Les centres de contrôles seront-ils prêts en 2024 ? Rien n’est moins sûr. Le maillage, notamment en zones rurales et pour les petites cylindrées, est très loin d’être assuré.
Parmi les plus de 6600 centres existants, Dekra (dont Norisko et Auto Control ses autres enseignes) se place en leader sur le projet. Pour assurer un indispensable maillage territorial, une dérogation d’enseigne sera faite pour autoriser un centre de CT à travailler sous une enseigne commerciale pour les autos et une autre enseigne commerciale pour les motos. Ce qui, jusqu’à présent, était strictement interdit !

Le matériel. Le contrôle technique ne s’appuie que sur du matériel homologué qui répond à des normes précises. Actuellement, il n’existe aucun sonomètre certifié pour l’usage en CT et qui communique de manière informatique avec les bases de données pour éviter toute fraude ou falsification des valeurs. En 2024, la mesure du bruit sera aléatoire et les rapports entre les techniciens et les utilisateurs pourront être « tendus » en l’absence de mesure probante. La teneur en monoxyde de carbone des gaz d’échappement ne sera mesurée que pour les véhicules mis en circulation après le 17 juin 1999 à l’aide du matériel utilisé pour les autos. A noter que pour les motos et cyclos à moteur 2 temps, les plus polluants, les émissions ne seront pas mesurées car « hors normes ». Toujours pour les cyclos, pas de vérification du bridage et du respect de la vitesse maxi de 45 km/h car pas de célérimètre homologué d’ici 2025 ! Idem pour le bridage des motos et scooters de 125 cmet des motos aux moteurs « kités » ou « gonflés » faute d’outil de mesure.

Les contrôleurs. La plupart des contrôleurs techniques ne possède pas le permis moto et n’est pas formée à la maintenance des motos. A défaut de permis et de diplôme, là aussi, une dérogation sera octroyée sous réserves de 33 heures de formation. Mais, avant de contrôler environ quatre millions de véhicules supplémentaires, il y a dans cette branche d’activité un sous effectif chronique car il manque déjà plus de 1.000 contrôleurs titulaires d’un bac pro, rien que pour les véhicules légers. Rappelons enfin que, contrairement aux concessionnaires et réparateurs, les contrôleurs ne sont pas responsables de leurs oublis ou erreurs de diagnostic quant à la sécurité des véhicules.

Le prix. Le CT moto devrait coûter environ 50 euros par visite. Mais le modèle de moto, ainsi que le choix du centre de contrôle technique réalisant l’opération, vont faire fluctuer ce prix car celui-ci ne sera pas encadré. Et quel prix pour l’éventuelle contre-visite ? Le CT évoluera au fil des ans et coutera de plus en plus cher. Là encore Dekra, en situation dominante, déterminera le prix même si le gouvernement souhaite qu’il y ait une concurrence entre enseignes.